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Freitag, 14. Mai 2010
La Libye a été élue jeudi au Conseil des droits de l'homme de l'ONU, malgré les efforts de nombreuses ONG qui la jugent indigne d'y siéger. La Suisse a elle aussi reçu le siège qu'elle convoitait.
Un groupe de 37 organisations de défense des droits de l'homme a adressé jeudi matin aux 192 Etats membres de l'ONU un appel de dernière minute pour qu'ils ne donnent pas à la Libye un siège au Conseil. Ce dernier, basé à Genève, est le principal organe de l'ONU pour les droits de l'homme.
Cet appel est resté sans écho et la Jamahiriya libyenne du bouillant colonel Mouammar Kadhafi a recueilli 155 voix à l'Assemblée générale des Nations unies. C'est largement plus que la majorité absolue (97) nécessaire pour être élu lors d'un vote à bulletins secrets.
Cooptation dénoncée
La Libye et 13 autres Etats concouraient sans opposition pour les 14 sièges à pourvoir au Conseil. Pour la première fois depuis la création du Conseil en 2006, le vote n'a donc pas donné lieu à une compétition entre pays de mêmes régions.
Des ONG avaient justement critiqué le fait que, cette année, chaque groupe régional de l'ONU a présenté un nombre de candidats égal à celui des sièges à pourvoir, assurant leur élection sans contestation. "Des élections sans compétition n'ont aucun sens", avaient-elles affirmé.
Elles ont dénoné la cooptation par les groupes régionaux de plusieurs pays dont elles contestent le bilan en matière de droits de l'homme, comme l'Angola, la Libye, la Malaisie, l'Ouganda et la Thaïlande. Mais dans leur appel de jeudi, les ONG ont concentré leurs attaques sur la Libye.
Focalisation sur Israël
Le régime de M. Kadhafi est "une des plus brutales et des plus anciennes tyrannies". Cette situation fait de la Libye "une des sociétés les plus répressives au monde", où "la liberté d'expression, les partis politiques et les médias libres sont interdits", ont-elles averti.
"La place du colonel Kadhafi est en prison, pas au sein du plus important organe de l'ONU en matière de droits de l'homme", ont-elles ajouté. Le Conseil a été créé en 2006, dans le cadre d'une réforme de l'ONU, pour remplacer la Commission. Celle-ci avait été discréditée car des pays au bilan peu reluisant en la matière pouvaient y siéger.
Or, le Conseil est régulièrement accusé de ne pas agir sur les dossiers de pays connus pour leurs violations des droits de l'homme comme le Soudan, tout en consacrant l'essentiel de son temps à critiquer Israël, reproche qui était déjà fait à la Commission.
Le Conseil compte 47 Etats membres, élus pour trois ans. L'effectif est renouvelable par tiers tous les ans.
L'Ouganda et la Thaïlande aussi
Dans le groupe Afrique, outre celui de la Libye, les trois autres sièges à pourvoir ont été obtenus par l'Angola (170 voix), la Mauritanie (167) et l'Ouganda (164).
Dans le groupe Asie, le retrait en avril de la candidature de l'Iran, salué par les organisations de droits de l'homme, a laissé la Malaisie, les Maldives, le Qatar et la Thaïlande être élus aux quatre sièges à pourvoir.
Pour l'Amérique latine, l'Equateur et le Guatemala ont été élus aux deux sièges disponibles, tout comme la Moldavie et la Pologne pour l'Europe de l'est.
Craintes infondées
Enfin, l'Espagne et la Suisse ont été choisies pour représenter l'Europe occidentale. La Suisse a obtenu 175 voix lors de ce vote, qualifié jeudi soir comme une "reconnaissance de son engagement en faveur des droits humains" par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).
Durant son premier mandat au sein du Conseil de 2006 à 2009, la Suisse a oeuvré pour que cette institution devienne "solide et efficace", a rappelé le DFAE dans un communiqué. Et de préciser que la Suisse s'engagera pour que l'examen du Conseil dont elle est l'hôte, prévu en 2011, porte ses fruits.
Le représentant helvétique auprès du Conseil des droits de l'homme s'est lui aussi réjoui de la nomination suisse. Les craintes d'un boycott des pays musulmans suite au vote sur les minarets se sont révélées infondées, a souligné Jürg Lauber devant la presse à New York.
Source: SDA |